Inauguration du Centre Ijambo de Rutana

La Présidente du CADO, Marie-Louise Akondjia, aux côtés du Ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale pour l'inauguration du Centre Ijambo de Rutana

La commune de Rutana avait revêtu ses plus beaux habits pour accueillir le Ministre Laurent KAVAKURE, les représentantes de l'association "Dushirehamwe" et la Présidente du CADO. Après près de six mois de travaux, le nouveau Centre communautaire "Ijambo" était fin prêt pour être inauguré.
 
Ijambo, un mot qui signifie « la parole » en kirundi, la langue nationale du Burundi, c’est l’histoire d’une rencontre entre une réalité urgente « dérangeante » et une association nouvellement créée à la recherche d’une identité spécifique reliée aux valeurs fondatrices de la francophonie.
 
 
Toutes les photos prises à l'occasion de l'inauguration du Centre Ijambo de Rutana sont disponibles en cliquant ici.
 
D’un côté, il y avait une collectivité de femmes de la commune de Rutana au Burundi, bourgade de 52 000 habitants (dont 58 % de moins de 25 ans) proche de la frontière avec la Tanzanie sollicitant un soutien pour prendre en main leur destin, effacer les derniers stigmates de la longue crise politico-ethnique qui a affecté le pays à la fin des années 90, prendre une part active à la lutte contre la spirale de la pauvreté, de la malnutrition et des mauvaises conditions sanitaires et faire reconnaitre et respecter leur rôle majeur dans la société.
 
De l’autre, il y avait une association balbutiante, ambitieusement baptisée CADO, plus exactement Cercle des anciens et des amis de l’Organisation internationale de la Francophonie, frileusement regroupée autour d’une vingtaine de membres fondateurs, persuadée qu’elle avait le devoir de participer concrètement à montrer combien la solidarité est consubstantielle de la Francophonie et qu’elle était capable de mobiliser le réseau des anciens de l’Organisation (estimé à plus de 1 000 personnes) et plus largement … des amis autour d’actions de solidarité.
 
Comment une association, sans grandes forces ni ressources, allait-elle pouvoir « apporter sa pierre » à un projet consistant à installer un centre communautaire à vocation socioculturelle à Rutana, à l’équiper pour lui permettre de réaliser des actions de formation, d’animation et de sensibilisation à l’attention de groupe de femmes et à le faire fonctionner pendant au moins 18 mois, chiffré initialement entre 80 et 90 000 euros...
 
Grace à l’énergie de quelques-uns, à la mobilisation de beaucoup et à la générosité d’un grand nombre.
 
Le CADO, soutenu par le Président Abdou Diouf et la Princesse Esther Kamatari, une grande dame du Burundi, a pu, à l’issue de la première édition de son diner de gala, qui a rassemblé, en mars 2012, environ 200 personnes, personnalités, institutionnels, partenaires, amis et anciens de la Francophonie, récolter 16 000 euros au bénéfice du projet Ijambo. L’Organisation internationale de la Francophonie, à travers son programme « Approche du genre » a ajouté 15 000 euros à la « cassette » du CADO.
 
C’est donc 31 000 euros au total que le CADO investira dans le projet Ijambo. Cet apport a d’ailleurs permis à l’association Dushirehamwe de démarcher et de trouver d’autres partenaires et ainsi de boucler le financement nécessaire au centre.
 
21 000 euros ont été consacrés à la démolition du hangar, à l’aménagement des espaces qui ont été donnés au projet par la municipalité de Rutana et à la construction des locaux. L’apport financier du CADO a servi à acheter les matériaux nécessaires et à payer les quelques ouvriers spécialisés qui ont encadré le travail bénévole fourni par les membres de la communauté. Le CADO affectera alors les 10 000 euros restant à l’équipement du centre : tables, chaises, étagères, ordinateurs, téléviseurs grand écran, vidéoprojecteurs, équipement de sonorisation, antenne satellite, fonds documentaire écrit et audiovisuel, etc. Les mobiliers seront fabriqués par des artisans locaux. Les équipements techniques seront achetés et livrés sur place.
 
Dushirehamwe dispose ainsi d’un équipement assez exceptionnel qui lui permettra de servir dans d’excellentes conditions les 2 500 personnes – essentiellement des femmes et des jeunes – visées par le projet dans sa dimension socioculturelle, de former environ 200 femmes chaque année pour renforcer leur indépendance économique et de proposer à l’ensemble de la population de Rutana une large gamme de services susceptibles de générer des revenus permettant d’autofinancer le centre.
 

Pour en savoir plus sur le projet

- Présentation détaillée du projet